Whatever

Words keep Falling Apart (Book 3)

Archive for juin, 2010

12/06/2010

Inertia Creeps

Bientôt 3 mois.
3 mois de silence.
3 mois d’une nouvelle page, d’une nouvelle vie.
3 mois passés à me persuader que, finalement, tout va bien.
3 mois à gérer.
A mentir.
« Alors, pas trop dur de vivre toute seule ?
- Oh non, tu vois, au début je pensais vraiment que j’allais en chier, mais au final, c’est plus facile que ce que je pensais. »
Bullshit.
A 31 ans, je vis seule pour la première fois de ma vie.
Et la solitude me bouffe, tout doucement.
Je m’enfouis dans le boulot, parce que c’est la seule chose à faire, et puis parce qu’il y a les traites de l’appartement à rembourser, aussi.
Journées de merde, journées de robot, levée 7h, 7h15 au boulot, vague pause bouffe, 21h arrêt du boulot, zombification devant la télé.
Je l’ai voulue cette vie là, j’ai signé avec mon sang, ou presque, pour l’obtenir.
No fucking strings attached, personne pour interférer dans mon si précieux espace personnel.
Ouais mais chérie, ce que t’avais pas prévu c’est cette putain d’abîme de solitude, ce besoin viscéral d’un autre.
Les soirs comme celui-ci, je voudrais pouvoir sortir de ma chambre, pousser la porte de celle de Kalou, tête enfouie dans son oreiller, probablement les pieds au mur, couvrir le cliquetis de son clavier avec toutes les idioties qui me passent par le crâne, être 2, ne pas être confrontée à moi et moi et encore rien que moi.
Ben oui mais, chérie, tu l’as voulu tout ça, t’as même fait un sacré ménage dans ta vie, envoyé loin de toi tous ces jolis corps qui te tenaient chaud la nuit.
Repartir à zéro.
Tourner cette putain de page.
Ça, c’est fait.
Ce que t’avais pas prévu, c’est que la nouvelle page serait d’un blanc tellement immaculé que ça te donnerait envie de tirer des balles au hasard, rien que pour tacher tout cet ennui de rouge sang.
Ce que t’avais pas prévu, c’est qu’à force de tenir les gens loin de toi, ils finiraient par devenir des étrangers.
Timidement, ces derniers temps, tu glisses des indices dans les conversations.
« Ça va toi ?
- Non, pas vraiment. »
Intérêt poli, deux  ou trois questions qui masquent l’indifférence.
Est-ce que c’est à ça qu’elle ressemble la crise de la trentaine ?
Cette putain d’impression d’être, tout simplement,
seule
au
monde.

Ça va toi ?
Non, pas vraiment.

posted by flaoua in Drunk,Love, etc..,Whatever at 2:06