Whatever

Words keep Falling Apart (Book 3)

Archive for août, 2010

La fille vient de raccrocher le téléphone. Et elle pleure, évidemment. De façon surprenante, pourtant, pas sur la mort définitivement irréversible d’une non-histoire de même pas amour. Elle pleure parce qu’elle aussi elle voudrait que sa vie soit une comédie romantique. Et qu’elle est persuadée que ce ne sera pas le cas.
Elle pleure à gros sanglots, la fille. Elle a toujours été très douée pour ça. Madeleine version fontaine qui déborde.
Elle se dit qu’il faut qu’elle s’arrête. Qu’il est déjà tard, qu’elle a encore 2 lessives à faire tourner, une valise à préparer, un appartement à ranger, et puis la route à prendre dans quelques heures. En prévision, la fille, sa Twingo, l’Autoroute et Portishead, à fond, en boucle, encore et encore. Et des larmes, probablement. Souvent, ces derniers temps, la fille pleure au volant.
Un tas de choses à faire. Et juste pas envie. Juste la tentation de se rouler en boule et de voir si ça passe. Dans une heure, dans dix, dans cent.
Et là, sur son écran, ça clignote, ça attire son attention. C’est un Ami. A majuscule. Il va pas toujours formidablement bien ces derniers temps, alors la fille prend sur elle, repousse l’envie de se rouler en boule et répond.
La fille : « Oui ? »
L’Ami : « C’est juste pour aller boire des coups. »
C’est magique, c’est télépathique. C’est très exactement ce qu’il faut, quand il faut, avec qui il faut.
30 minutes plus tard, comprenant un enfilage de jean/tshirt/NewRocks, un coup de brosse à cheveux, quelques kilomètres en Twingo et une place de parking providentielle à 10 mètres du bar, la fille trinque avec l’Ami. Bière pour lui, cocktail sucré à base de vodka pour elle.
4 heures, plusieurs bières pour lui, plusieurs cocktails sucrés à base de vodka pour elle, un pèlerinage au Shywawa, un pot pourri de hard rock des années 90, une improbable chanson de mauvais rappeur des bacs à sables, 2 ballades à pied, et tout plein de conversations plus tard, la fille est rentrée chez elle.
Comme toujours, ces bouts de nuit, le plus souvent improvisés, avec l’Ami, l’ont apaisée. Pour quelques heures seulement, sûrement, quelques jours, au mieux.
Mais c’est déjà ça.
Et comme aucune comète ne s’est écrasée sur le Panthéon, une date est gravée dans son calendrier.
8 février 2011.
D’ici là, la comédie romantique aura débarqué. Promis, juré.
You know you will be held accountable for it, if it doesn’t happen, don’t you ?

Tout à l’heure, la route sera probablement dure. Mais ça ne sera qu’à cause de la fatigue, et non des larmes.
Et pour cela, la fille remercie l’Ami.

posted by flaoua in Drunk,Love, etc..,Whatever at 3:11