Whatever

Words keep Falling Apart (Book 3)

Archive for mars, 2011

13/03/2011

Go with the flow

Je ne sais pas trop quand les mots se sont taris.
J’ai par contre l’intuition de comment.
Il me semble que c’est à force de les taire.
Et de cette intuition se dégage une sorte d’axiome, applicable à toutes sortes de domaines de la vie.
« Soit une activité x. Moins on x et moins on x. »
Moins on écrit et moins on écrit.
Moins on  baise et moins on baise.
Moins on aime et moins on aime.
Tout ça, jusqu’à en arriver à oublier comment on fait. Comment on faisait. A même douter d’avoir su faire un jour.
C’est comme une autre vie, qui ne m’appartient plus vraiment, comme si elle avait été vécue par une autre moi, un genre de soeur, une bonne amie, et qu’elle m’avait raconté cette vie qu’elle avait vécu, tellement bien raconté que ça me semble extrêmement familier et à la fois étranger, aussi étranger que peut l’être quelque chose qu’on a pas éprouvé soi même.
Il me semble me souvenir des mots qui coulaient, fluides et apparemment  intarissables, pas forcément toujours justes, pas forcément toujours beaux, mais présents en tout cas, et forts, et vivants, et ce besoin impérieux de les laisser sortir.
Il me semble me souvenir d’avoir aimé, beaucoup, pas toujours bien, parfois pas trop mal, toujours passionnément, toujours de toutes mes forces, sans économie de moi, à la fois terrorisée et prête à me jeter corps et âme dans le moment.
Il me semble me souvenir également de cette certitude que tout finirait par aller bien. Que le bonheur m’était dû, et que le destin, facétieux, s’amusait à semer quelques embûches sur ma route, mais que, au bout du compte, tout finirait par aller bien.

Je ne sais plus.
Je ne sais plus écrire.
Je ne sais plus séduire.
Je ne sais plus vivre.
Je ne sais plus aimer.
Je ne sais plus faire d’étincelles.

La seule chose qui me tient encore debout, c’est l’espoir qu’il est éventuellement possible de réapprendre.
Parce que sinon, à quoi bon ?

posted by flaoua in Whatever at 2:58