Whatever

Words keep Falling Apart (Book 3)

Archive for the ‘Elsewhere’ Category

Biarritz - Grande Plage - 1er Janvier 2010

1er Janvier.
Un autre bout du monde, l’Atlantique à mes pieds.
Petite tempête qui se déchaine, la mer qui s’acharne contre les rochers dans un grondement sourd.
Les mains enfoncées dans le sable, je fais mes adieux à 2009. Sans aucun regret.
Je la jette en pâture au vent qui emmêle mes cheveux, à la pluie qui fouette mes joues, dispersant le souvenir de toutes les larmes que j’aurais versées cette année.
Je voudrais que les éléments annihilent jusqu’à la moindre trace de ces mois écoulés, de tout ce qu’ils ont porté de deuil, de trahison et d’injustice.
Dans ma poche, le gadget technologique vibre.
L’immonde 2009 tente une dernière fois de s’immiscer dans ma vie.
Crève, fils de pute.

Je me relève et tourne le dos à la mer écumante.
Au passé, aux fausses promesses, aux faux serments, aux faux semblants et à la naïveté.

A vous, à moi, je souhaite une année 2010 étincelante, vibrante et magique.

posted by flaoua in Elsewhere,Whatever at 3:19

Avion d'Etihad - Aeroport d'Abu Dhabi - En transit pour Bangkok

Il y a d’abord eu la première claque. Anticipée, attendue, fantasmée, même. Mais pas moins forte pour autant.
Alors que les portes automatiques de l’aéroport de Suvarnabhumi se referment derrière moi dans un chuintement, je savoure, béate, la vague d’air chaud et moite qui m’arrive en pleine tête. Dans les 35 degrés à peu de choses près. Et dans les 90% d’humidité, probablement.
Plus tard, cela deviendra trop lourd, crevant, limite incapacitant.
Mais là, dans ces premières minutes, je me repais de cette atmosphère, je la goûte, j’en savoure chaque goulée et c’est tout simplement l’extase car cela veut dire une chose : me voilà de retour à Bangkok.
Bangkok et sa circulation frénétique, ses temples nichés au milieu des buildings, ses étals de nourriture fabuleuse, ses marchés labyrinthiques, ses chauffeurs de tuk-tuk shootés au M150 et à l’adrénaline, ses centres commerciaux démesurés, ses klongs bordés de maisonnettes d’un autre âge, ses hôtels d’un luxe inimaginable en Europe pour le prix d’un Ibis en banlieue parisienne. Bangkok, vivante, pulsante, enivrante, magique.

Bangkok vue de nuit depuis le sky bar au 64ème étage de l'hôtel Lebua

Après, il y aura Ayutthaya, cité-ruine chargée d’histoire et de spiritualité, de bouddhas multi-centenaires décapités, de chedis et de prang phalliques, témoins muets d’un âge d’or révolu.
Après, encore, un train de nuit brouillé par les effluves de litres de bière Thaï et de curry incendiaire, un bus improbable dont les ventilateurs tentent de décapiter les aventureux farangs venus s’y glisser, et, enfin, après des heures de voyage, la deuxième claque.
Sur des centaines de kilomètres carrés, un lac a englouti la forêt tropicale, dont le sommet émerge tout autour, et parfois en plein milieu aussi. De la nature plein la gueule, vierge, fabuleusement foisonnante, vivante, emplie des hululements des gibbons et des sonneries des cigales locales, imitant à la perfection des milliers d’alarmes incendie se déclenchant simultanément.
Réveil sur le lac, aube embrumée, pas un seul son civilisé. Sensation de bout du monde.

Lever du jour sur le lac de Chiao Lan - Khao Sok

La jungle. Inhospitalière, c’est le moins qu’on puisse dire. Les esprits ont pourtant été apaisés, mais cela ne suffira pas. Les sangsues festoient de notre riche sang de farangs citadins. Nuit brève et agitée, rêves de créatures rampantes avides de prélever leur tribut. Accalmie le lendemain, baignades, rire, petit festin en bord de rivière au fin fond de nulle part, sous les hululements narquois des gibbons qui se planqueront jusqu’au bout.
Quelques jours sur le lac, encore, déconnexion totale, parfaitement en dehors de la réalité.
Plus tard .. Adieu à nos guides et à nos hôtes, dernière moisson d’images, de sourires et de bienveillance.
Un dernier trek, la plus grande fleur du monde, un serpent aussi rare qu’il est mortel (« Oh, on dirait un lacet de chaussure« ), un caméléon qui pose complaisamment, nos palais pourtant habitués qui s’enflamment sous la morsure d’un laab kaï divinement parfumé et déja, nous revoilà sur la route.
Plus loin, un ferry, un embarcadère, une île si peu peuplée qu’on pourrait presque la qualifier de déserte.
Paysages de carte postale.

Crépuscule à Koh Kho Khao

Resort fantôme, une armée à notre service, paysage idyllique version Truman Show, bordé de finitions approximatives. De la piscine à la plage, de la plage à la piscine, bains de ce soleil brûlant qui caramélise nos peaux, esprit vide, corps au repos. Lecture, massages, respiration.

Koh Kho Khao - Andaman Princess Resort

Mais parfois, aussi, je saute sur le lit …

Flaoua fait du bed jumping à Koh Kho Khao - Photo by Manu Sauvage

Et puis enfin, d’un coup d’avion, retour à la frénésie de Bangkok, dernière plongée dans le luxe le plus absolu, suite absolument indécente au Lebua, dîner à ciel ouvert au 63ème étage, flânerie dans la nuit du Suan Lum et dans les méandres de Chatuchak, soirée improbable au milieu d’expats à des milliers de kilomètres du mal du pays.
Se perdre une dernière fois autour de Siam Square, acheter des pacotilles au MBK Center, savourer une dernière mangue au goût de paradis, un dernier khao niaw, mettre à l’eau un Krathong chargé d’espoir et de rêves informulés …

Faire ses adieux à Bangkok.
Se jurer de revenir, encore. Et d’y rester, peut-être.

Bangkok de nuit depuis le Vertigo Sky Bar - 52ème étage du Banyan Tree

(pour l’intégralité des photos : Mon Flickr)

posted by flaoua in Elsewhere,Pixelized at 3:07