Whatever

Words keep Falling Apart (Book 3)

Archive for the ‘Whatever’ Category

25/07/2011

Postface

2 ans, presque pile poil.

Quand j’ai ouvert ce nouveau tome, j’étais persuadée d’avoir tourné la page du précédent, d’être capable de laisser derrière moi toute l’amertume et la douleur des derniers mois.
Je me trompais lourdement.
J’avais cru que 4 mois de deuil avaient été suffisants, en fait il m’en a fallu 28 en tout.
Et encore.
Je sais combien tout reste fragile, je sais combien je suis capable de me mentir.
Mais tout de même.

Tournons une nouvelle page.
Commençons un nouveau tome.

Bye bye Whatever, let’s welcome Respawn.

Oui, choisir le titre d’un blog, c’est *aussi* une forme de méthode Coué.

posted by flaoua in Whatever at 17:03
22/04/2011

(a)Frayed

Et tu vois, 10 ans plus tard, c’est toujours les mêmes réflexes, instinct de survie, mode radar enclenché, trouver la niche, le cocon, le Lieu Sûr. Celui où malgré toutes tes imperfections, malgré tous tes échecs, malgré tous tes comportements à peine dignes d’être qualifiés d’humains, on t’accueillera, avec un minimum de questions, et quoi qu’il arrive toujours autant d’amour.
La seule vraie différence c’est qu’il y a 10 ans on t’aurait collé une enième Vodka-Truc sous le nez, alors que maintenant Doud, prévoyant, te fait boire de l’eau, encore et encore.
Autant que tu en pleures, c’est ça que tu te dis.
Vases communiquants.
Ouais et puis aussi, probablement, en ce temps là, tu serais allée lui parler, à Ta Dame, encore et encore, épancher, lui cracher, absolument tout.
Sauf que tu ne peux plus lui dire.
Sauf qu’elle ne t’écouterait probablement pas.
Seule et sale.
A grappiller trois battements de coeur dans les ruelles de la Cité.
Vampire, va.

posted by flaoua in Drunk,Love, etc..,Whatever at 5:36
13/03/2011

Go with the flow

Je ne sais pas trop quand les mots se sont taris.
J’ai par contre l’intuition de comment.
Il me semble que c’est à force de les taire.
Et de cette intuition se dégage une sorte d’axiome, applicable à toutes sortes de domaines de la vie.
« Soit une activité x. Moins on x et moins on x. »
Moins on écrit et moins on écrit.
Moins on  baise et moins on baise.
Moins on aime et moins on aime.
Tout ça, jusqu’à en arriver à oublier comment on fait. Comment on faisait. A même douter d’avoir su faire un jour.
C’est comme une autre vie, qui ne m’appartient plus vraiment, comme si elle avait été vécue par une autre moi, un genre de soeur, une bonne amie, et qu’elle m’avait raconté cette vie qu’elle avait vécu, tellement bien raconté que ça me semble extrêmement familier et à la fois étranger, aussi étranger que peut l’être quelque chose qu’on a pas éprouvé soi même.
Il me semble me souvenir des mots qui coulaient, fluides et apparemment  intarissables, pas forcément toujours justes, pas forcément toujours beaux, mais présents en tout cas, et forts, et vivants, et ce besoin impérieux de les laisser sortir.
Il me semble me souvenir d’avoir aimé, beaucoup, pas toujours bien, parfois pas trop mal, toujours passionnément, toujours de toutes mes forces, sans économie de moi, à la fois terrorisée et prête à me jeter corps et âme dans le moment.
Il me semble me souvenir également de cette certitude que tout finirait par aller bien. Que le bonheur m’était dû, et que le destin, facétieux, s’amusait à semer quelques embûches sur ma route, mais que, au bout du compte, tout finirait par aller bien.

Je ne sais plus.
Je ne sais plus écrire.
Je ne sais plus séduire.
Je ne sais plus vivre.
Je ne sais plus aimer.
Je ne sais plus faire d’étincelles.

La seule chose qui me tient encore debout, c’est l’espoir qu’il est éventuellement possible de réapprendre.
Parce que sinon, à quoi bon ?

posted by flaoua in Whatever at 2:58

La fille vient de raccrocher le téléphone. Et elle pleure, évidemment. De façon surprenante, pourtant, pas sur la mort définitivement irréversible d’une non-histoire de même pas amour. Elle pleure parce qu’elle aussi elle voudrait que sa vie soit une comédie romantique. Et qu’elle est persuadée que ce ne sera pas le cas.
Elle pleure à gros sanglots, la fille. Elle a toujours été très douée pour ça. Madeleine version fontaine qui déborde.
Elle se dit qu’il faut qu’elle s’arrête. Qu’il est déjà tard, qu’elle a encore 2 lessives à faire tourner, une valise à préparer, un appartement à ranger, et puis la route à prendre dans quelques heures. En prévision, la fille, sa Twingo, l’Autoroute et Portishead, à fond, en boucle, encore et encore. Et des larmes, probablement. Souvent, ces derniers temps, la fille pleure au volant.
Un tas de choses à faire. Et juste pas envie. Juste la tentation de se rouler en boule et de voir si ça passe. Dans une heure, dans dix, dans cent.
Et là, sur son écran, ça clignote, ça attire son attention. C’est un Ami. A majuscule. Il va pas toujours formidablement bien ces derniers temps, alors la fille prend sur elle, repousse l’envie de se rouler en boule et répond.
La fille : « Oui ? »
L’Ami : « C’est juste pour aller boire des coups. »
C’est magique, c’est télépathique. C’est très exactement ce qu’il faut, quand il faut, avec qui il faut.
30 minutes plus tard, comprenant un enfilage de jean/tshirt/NewRocks, un coup de brosse à cheveux, quelques kilomètres en Twingo et une place de parking providentielle à 10 mètres du bar, la fille trinque avec l’Ami. Bière pour lui, cocktail sucré à base de vodka pour elle.
4 heures, plusieurs bières pour lui, plusieurs cocktails sucrés à base de vodka pour elle, un pèlerinage au Shywawa, un pot pourri de hard rock des années 90, une improbable chanson de mauvais rappeur des bacs à sables, 2 ballades à pied, et tout plein de conversations plus tard, la fille est rentrée chez elle.
Comme toujours, ces bouts de nuit, le plus souvent improvisés, avec l’Ami, l’ont apaisée. Pour quelques heures seulement, sûrement, quelques jours, au mieux.
Mais c’est déjà ça.
Et comme aucune comète ne s’est écrasée sur le Panthéon, une date est gravée dans son calendrier.
8 février 2011.
D’ici là, la comédie romantique aura débarqué. Promis, juré.
You know you will be held accountable for it, if it doesn’t happen, don’t you ?

Tout à l’heure, la route sera probablement dure. Mais ça ne sera qu’à cause de la fatigue, et non des larmes.
Et pour cela, la fille remercie l’Ami.

posted by flaoua in Drunk,Love, etc..,Whatever at 3:11
12/06/2010

Inertia Creeps

Bientôt 3 mois.
3 mois de silence.
3 mois d’une nouvelle page, d’une nouvelle vie.
3 mois passés à me persuader que, finalement, tout va bien.
3 mois à gérer.
A mentir.
« Alors, pas trop dur de vivre toute seule ?
- Oh non, tu vois, au début je pensais vraiment que j’allais en chier, mais au final, c’est plus facile que ce que je pensais. »
Bullshit.
A 31 ans, je vis seule pour la première fois de ma vie.
Et la solitude me bouffe, tout doucement.
Je m’enfouis dans le boulot, parce que c’est la seule chose à faire, et puis parce qu’il y a les traites de l’appartement à rembourser, aussi.
Journées de merde, journées de robot, levée 7h, 7h15 au boulot, vague pause bouffe, 21h arrêt du boulot, zombification devant la télé.
Je l’ai voulue cette vie là, j’ai signé avec mon sang, ou presque, pour l’obtenir.
No fucking strings attached, personne pour interférer dans mon si précieux espace personnel.
Ouais mais chérie, ce que t’avais pas prévu c’est cette putain d’abîme de solitude, ce besoin viscéral d’un autre.
Les soirs comme celui-ci, je voudrais pouvoir sortir de ma chambre, pousser la porte de celle de Kalou, tête enfouie dans son oreiller, probablement les pieds au mur, couvrir le cliquetis de son clavier avec toutes les idioties qui me passent par le crâne, être 2, ne pas être confrontée à moi et moi et encore rien que moi.
Ben oui mais, chérie, tu l’as voulu tout ça, t’as même fait un sacré ménage dans ta vie, envoyé loin de toi tous ces jolis corps qui te tenaient chaud la nuit.
Repartir à zéro.
Tourner cette putain de page.
Ça, c’est fait.
Ce que t’avais pas prévu, c’est que la nouvelle page serait d’un blanc tellement immaculé que ça te donnerait envie de tirer des balles au hasard, rien que pour tacher tout cet ennui de rouge sang.
Ce que t’avais pas prévu, c’est qu’à force de tenir les gens loin de toi, ils finiraient par devenir des étrangers.
Timidement, ces derniers temps, tu glisses des indices dans les conversations.
« Ça va toi ?
- Non, pas vraiment. »
Intérêt poli, deux  ou trois questions qui masquent l’indifférence.
Est-ce que c’est à ça qu’elle ressemble la crise de la trentaine ?
Cette putain d’impression d’être, tout simplement,
seule
au
monde.

Ça va toi ?
Non, pas vraiment.

posted by flaoua in Drunk,Love, etc..,Whatever at 2:06

Aux années qui passent et aux amis qui restent
A tous ces moments partagés
Aux éclats de rire et aux torrents de larmes
Aux paroles de réconfort et aux silences attentifs
Aux secrets murmurés
A toutes ces fois où nous avons trinqué
Aux nuits d’errance et à celles de fête
Aux mains et aux épaules qui m’ont soutenue
A ces moments où j’ai moi même tenté d’être le soutien
A tous ces bouts de chemin que nous avons fait ensemble
Aux heures noires que nous avons traversées
Et à tous ces jours ensoleillés
A tout ce qui reste à venir, le bon comme le mauvais
A vous, qui sans aucun doute vous reconnaitrez

Je lève mon verre.

Merci.

Je l’avais bien dit que 31 ans ça poutrait des poneys en short.

posted by flaoua in Whatever at 2:03

Out of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll.
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

William Ernest Henley – Invictus

posted by flaoua in Whatever at 2:23

Nouvelle année oblige, autour de moi et sur les blogs que je suis, c’est la valse des bilans en tout genre, des listes plus ou moins improbables, des top 5 de 2009 et, évidemment, des bonnes (et moins bonnes) résolutions.
Du coup, je me prends à réfléchir à ce que pourraient être les miennes, je m’amuse à faire l’exercice.
J’avoue, les résolutions, ça a jamais été trop mon truc.
L’année dernière, je n’en avais pris qu’une seule, et encore, ce n’était pas vraiment une résolution de nouvelle année mais une promesse que je m’étais faite (et surtout que j’avais faite à mes proches) depuis longtemps.
Arrêter de fumer. Le 20 février 2009. Le jour de mes 30 ans.
Je m’y préparais, depuis des mois, je réduisais doucement, j’avais commencé par arrêter de fumer dans ma chambre, qui est aussi mon bureau, ça avait conséquemment réduit ma consommation.
Et puis, voilà, la tuile, quoi. 15 jours avant ce 20 février fatidique, tout a volé en éclats, ma vie, mon cœur, mes certitudes, mon futur, mes espoirs.
Et à ceux qui me demandaient « Mais tu devais pas arrêter de fumer pour tes 30 ans au fait ? » je répondais « Si j’arrête de fumer maintenant, je tue quelqu’un. Alors on va dire que j’arrête pas. On va même dire que je reprends de plus belle. Et que quiconque ose me casser les couilles sur le sujet, je suis prête à le recevoir. » Ouais, je suis pas d’une finesse formidable quand je suis en rogne.
Bref, je digresse. (gresse) (ça c’est pour Manu Sauvage)

Des résolutions donc. Si je devais en prendre pour 2010, probablement qu’elles ressembleraient à ça :

  1. Déménager (bon, ça c’est facile. Même avec le retard abyssal qu’ont pris les travaux de mon appart, ça devrait se terminer en 2010)
  2. Faire pour mes 31 ans la gigantesque foire que j’avais prévue pour mes 30 et à laquelle j’ai renoncé pour cause de détestation subite de l’Humanité toute entière (bon, si j’ai pas déménagé d’ici là, je risque de pas être d’humeur, donc c’est pas 100% gagné)
  3. Arrêter de faire le yoyo avec mon poids, faire la paix avec mon corps, réapprendre à m’aimer
  4. Corollaire de la résolution précédente : faire du sport
  5. Corollaire du corollaire : prendre du temps pour moi
  6. Ne plus jamais laisser qui que ce soit détruire mon estime de moi, me faire douter de qui je suis, de ce que je vaux (celle là on va dire qu’elle est pas juste pour 2010)
  7. Passer plus de temps avec ceux que j’aime, qu’ils soient à Paris, Lille, Londres ou Berlin.
  8. Apprendre à parler Thaï (ça c’est franchement pas gagné. Impossible de trouver un frakkin’ cours de Thaï sur Paris)
  9. Mieux gérer ma vie pro pour qu’elle arrête de bouffer ma vie perso
  10. Oui mais, continuer à développer Flaoua Corp., parce que bon, il va pas se rembourser tout seul le prêt…
  11. Continuer à tailler la pierre brute, écouter, apprendre
  12. Prendre chaque moment de bonheur comme il vient, le savourer sur l’instant, ne pas bouder mon plaisir
  13. Être heureuse.

Bon, ben, pour quelqu’un qui ne prend jamais de résolutions de nouvelle année, ça fait déjà un bon paquet. Si j’en tiens ne serait-ce que la moitié, ça sera un sacré exploit.
Il parait que ça sert à ça les bonnes résolutions. A ne pas les tenir.

Est-ce que je peux au moins garder la numéro 13 ?

posted by flaoua in Whatever at 0:46

Biarritz - Grande Plage - 1er Janvier 2010

1er Janvier.
Un autre bout du monde, l’Atlantique à mes pieds.
Petite tempête qui se déchaine, la mer qui s’acharne contre les rochers dans un grondement sourd.
Les mains enfoncées dans le sable, je fais mes adieux à 2009. Sans aucun regret.
Je la jette en pâture au vent qui emmêle mes cheveux, à la pluie qui fouette mes joues, dispersant le souvenir de toutes les larmes que j’aurais versées cette année.
Je voudrais que les éléments annihilent jusqu’à la moindre trace de ces mois écoulés, de tout ce qu’ils ont porté de deuil, de trahison et d’injustice.
Dans ma poche, le gadget technologique vibre.
L’immonde 2009 tente une dernière fois de s’immiscer dans ma vie.
Crève, fils de pute.

Je me relève et tourne le dos à la mer écumante.
Au passé, aux fausses promesses, aux faux serments, aux faux semblants et à la naïveté.

A vous, à moi, je souhaite une année 2010 étincelante, vibrante et magique.

posted by flaoua in Elsewhere,Whatever at 3:19
17/12/2009

Backsight

Pendant que je vadrouillais au fin fond de la jungle Thaïlandaise à me faire bouffer vivante par les sangsues, un truc est arrivé.
Oh, je vous rassure, rien de franchement vraiment important, rien qui change le monde, en tout cas le vôtre, mais tout de même, un truc.
Ce blog a eu 7 ans.
7 ans c’est pas grand chose mais mine de rien ça commence à faire.

Il y a 7 ans j’en avais 23.

Il y a 7 ans j’en avais 23, la Bulle avait explosé et j’étais persuadée d’avoir trahi la Cause en vendant mon âme au Diable à AOL.
Il y a 7 ans j’en avais 23 et je célébrais la fin de l’Age d’Or du Net en me vautrant dans un jeu en réseau dont le but consistait à empêcher des anti-terroristes de désamorcer la bombe que mes potes terroristes étaient arrivés, au prix de leur vie, à poser en B2.
Il y a 7 ans j’en avais 23 et 3 à 4 fois par semaine je descendais des hectolitres de Vodka Truc au comptoir du Shywawa.
Il y a 7 ans j’en avais 23, le monde devant moi, dont une partie à mes pieds, tout était possible, tout était ouvert.
Il y a 7 ans j’en avais 23 et je papillonnais, si fière de mon armure, indestructible, inébranlable.
Il y a 7 ans j’en avais 23, nous étions une poignée de blogueurs francophones et parisiens, que l’idée même de billet sponsorisé aurait fait hurler de rire.
Il y a 7 ans j’en avais 23, des cicatrices déjà, mais franchement persuadée qu’elles étaient loin derrière moi et autant d’armes pour l’avenir.
Il y a 7 ans j’en avais 23 et sans peur, sans arrière pensée, d’une façon qui semblerait aujourd’hui d’une franche impudeur, je livrais ici (ou pas très loin) mon quotidien pas si passionnant.

Il y a 7 ans j’en avais 23.

Aujourd’hui j’en ai 30 et pourtant depuis peu j’en ai 3.
7 ans plus tard, et comme si c’était hier, probablement un peu d’insouciance en moins, probablement beaucoup de doutes en plus.

La pierre brute est à peine dégrossie.
Ce blog serait-il un outil ?

posted by flaoua in Drunk,Whatever at 3:32