Whatever

Words keep Falling Apart (Book 3)

Nouvelle année oblige, autour de moi et sur les blogs que je suis, c’est la valse des bilans en tout genre, des listes plus ou moins improbables, des top 5 de 2009 et, évidemment, des bonnes (et moins bonnes) résolutions.
Du coup, je me prends à réfléchir à ce que pourraient être les miennes, je m’amuse à faire l’exercice.
J’avoue, les résolutions, ça a jamais été trop mon truc.
L’année dernière, je n’en avais pris qu’une seule, et encore, ce n’était pas vraiment une résolution de nouvelle année mais une promesse que je m’étais faite (et surtout que j’avais faite à mes proches) depuis longtemps.
Arrêter de fumer. Le 20 février 2009. Le jour de mes 30 ans.
Je m’y préparais, depuis des mois, je réduisais doucement, j’avais commencé par arrêter de fumer dans ma chambre, qui est aussi mon bureau, ça avait conséquemment réduit ma consommation.
Et puis, voilà, la tuile, quoi. 15 jours avant ce 20 février fatidique, tout a volé en éclats, ma vie, mon cœur, mes certitudes, mon futur, mes espoirs.
Et à ceux qui me demandaient « Mais tu devais pas arrêter de fumer pour tes 30 ans au fait ? » je répondais « Si j’arrête de fumer maintenant, je tue quelqu’un. Alors on va dire que j’arrête pas. On va même dire que je reprends de plus belle. Et que quiconque ose me casser les couilles sur le sujet, je suis prête à le recevoir. » Ouais, je suis pas d’une finesse formidable quand je suis en rogne.
Bref, je digresse. (gresse) (ça c’est pour Manu Sauvage)

Des résolutions donc. Si je devais en prendre pour 2010, probablement qu’elles ressembleraient à ça :

  1. Déménager (bon, ça c’est facile. Même avec le retard abyssal qu’ont pris les travaux de mon appart, ça devrait se terminer en 2010)
  2. Faire pour mes 31 ans la gigantesque foire que j’avais prévue pour mes 30 et à laquelle j’ai renoncé pour cause de détestation subite de l’Humanité toute entière (bon, si j’ai pas déménagé d’ici là, je risque de pas être d’humeur, donc c’est pas 100% gagné)
  3. Arrêter de faire le yoyo avec mon poids, faire la paix avec mon corps, réapprendre à m’aimer
  4. Corollaire de la résolution précédente : faire du sport
  5. Corollaire du corollaire : prendre du temps pour moi
  6. Ne plus jamais laisser qui que ce soit détruire mon estime de moi, me faire douter de qui je suis, de ce que je vaux (celle là on va dire qu’elle est pas juste pour 2010)
  7. Passer plus de temps avec ceux que j’aime, qu’ils soient à Paris, Lille, Londres ou Berlin.
  8. Apprendre à parler Thaï (ça c’est franchement pas gagné. Impossible de trouver un frakkin’ cours de Thaï sur Paris)
  9. Mieux gérer ma vie pro pour qu’elle arrête de bouffer ma vie perso
  10. Oui mais, continuer à développer Flaoua Corp., parce que bon, il va pas se rembourser tout seul le prêt…
  11. Continuer à tailler la pierre brute, écouter, apprendre
  12. Prendre chaque moment de bonheur comme il vient, le savourer sur l’instant, ne pas bouder mon plaisir
  13. Être heureuse.

Bon, ben, pour quelqu’un qui ne prend jamais de résolutions de nouvelle année, ça fait déjà un bon paquet. Si j’en tiens ne serait-ce que la moitié, ça sera un sacré exploit.
Il parait que ça sert à ça les bonnes résolutions. A ne pas les tenir.

Est-ce que je peux au moins garder la numéro 13 ?

posted by flaoua in Whatever at 0:46

Sur IRC.

<Glab> « Une sauvegarde a été demandé in extrémiste »
<Glab> Comme quoi on peut monter dans la hiérarchie manageriale chez
[insérez ici le nom d'une grande entreprise de télécommunications française qui ne commence ni par O ni par B] en étant semi-illettré.

posted by flaoua in C'est bloggable at 19:10

C’est décidé, bientôt, je déménage.
Sisi.
J’y crois à mort.
Bien sur, le fait que mon appartement soit toujours en travaux depuis plus de 3 mois pourrait sembler un obstacle. Tout comme le fait qu’aucun des éléments indispensables du dit appartement ne soit terminé (genre euh, au hasard .. la salle de bain, la cuisine, mon bureau …) (jme plains pas, au moins les chiottes ont été posées, c’est déjà ça de gagné).
Mais je suis pas du genre à me laisser freiner par quelques détails mineurs. J’irai me doucher chez mes voisins, c’est probablement un bon moyen de faire connaissance.
Bref.
Bientôt, donc, je déménage.
Logiquement, du coup, je me suis mise à faire du tri dans tout mon bordel. Ben ouais parce que j’ai beau pouvoir plier les lois de la physique juste avec la force de mon esprit, faire rentrer mes 100m2 actuels (allez, un peu moins si on enlève la chambre de Kalou) dans mes futurs 44m2, c’est pas exactement gagné.
Alors je trie.
11 ans de vie, surtout quand, comme moi, on est incapable de jeter quoi que ce soit, ça fait un paquet de trucs à trier, croyez moi.
Et forcément je tombe sur des trésors absolument oubliés. Souvenirs en tout genres, monceaux de photos, vieux carnets noircis d’ébauches de romans qui n’auront jamais dépassé le stade du 2ème chapître… Et je parle même pas des fringues qui arborent encore leur étiquette… avec le prix en francs.
Parmi tous ces trésors, je suis tombée sur un carton de cassettes audios enregistrées. Dessus, tout un tas de compils que je m’étais mitonnées à cette époque où le lecteur mp3 tenait de la science fiction (et où le discman c’était bien mais vachement pas pratique pour se concocter les sacro-saintes mixed tapes).
Du coup, paf, me voilà replongée dans la musique de mon adolescence.

D’où le thème de la playlist du jour.
Allez hop, on remonte le temps, nous voilà en 1995, en direct de mon walkman. 16 chansons pour mes 16 ans. Je vous préviens y a quelques trucs pas hyper audibles.

WFA Playlist #3 – Let’s be 16 again (et comme toujours, ça s’écoute sous Spotify)
1 – Nine Inch Nails – Closer
2 – Das Ich – Gottes Tod
3 – Joy Division – Love Will Tear Us Apart
4 – The Cure – Pictures of You
5 – New Model Army – 125 Mph
6 – Marilyn Manson – Rock n’ Roll Nigger
7 – Faith No More – Digging the Grave
8 – Suicidal Tendencies – War Inside My Head
9 – Downset – Ritual
10 – Fear Factory – New Breed
11 – L7 – Shitlist
12 – Filter – Hey Man, Nice Shot
13 – Pop Will Eat Itself – Karmadrome
14 – Noir Désir – Lolita Nie en Bloc
15 – Alice in Chains – Would?
16 – The Doors – The End (live version)

posted by flaoua in Noise at 20:00

Biarritz - Grande Plage - 1er Janvier 2010

1er Janvier.
Un autre bout du monde, l’Atlantique à mes pieds.
Petite tempête qui se déchaine, la mer qui s’acharne contre les rochers dans un grondement sourd.
Les mains enfoncées dans le sable, je fais mes adieux à 2009. Sans aucun regret.
Je la jette en pâture au vent qui emmêle mes cheveux, à la pluie qui fouette mes joues, dispersant le souvenir de toutes les larmes que j’aurais versées cette année.
Je voudrais que les éléments annihilent jusqu’à la moindre trace de ces mois écoulés, de tout ce qu’ils ont porté de deuil, de trahison et d’injustice.
Dans ma poche, le gadget technologique vibre.
L’immonde 2009 tente une dernière fois de s’immiscer dans ma vie.
Crève, fils de pute.

Je me relève et tourne le dos à la mer écumante.
Au passé, aux fausses promesses, aux faux serments, aux faux semblants et à la naïveté.

A vous, à moi, je souhaite une année 2010 étincelante, vibrante et magique.

posted by flaoua in Elsewhere,Whatever at 3:19
17/12/2009

Backsight

Pendant que je vadrouillais au fin fond de la jungle Thaïlandaise à me faire bouffer vivante par les sangsues, un truc est arrivé.
Oh, je vous rassure, rien de franchement vraiment important, rien qui change le monde, en tout cas le vôtre, mais tout de même, un truc.
Ce blog a eu 7 ans.
7 ans c’est pas grand chose mais mine de rien ça commence à faire.

Il y a 7 ans j’en avais 23.

Il y a 7 ans j’en avais 23, la Bulle avait explosé et j’étais persuadée d’avoir trahi la Cause en vendant mon âme au Diable à AOL.
Il y a 7 ans j’en avais 23 et je célébrais la fin de l’Age d’Or du Net en me vautrant dans un jeu en réseau dont le but consistait à empêcher des anti-terroristes de désamorcer la bombe que mes potes terroristes étaient arrivés, au prix de leur vie, à poser en B2.
Il y a 7 ans j’en avais 23 et 3 à 4 fois par semaine je descendais des hectolitres de Vodka Truc au comptoir du Shywawa.
Il y a 7 ans j’en avais 23, le monde devant moi, dont une partie à mes pieds, tout était possible, tout était ouvert.
Il y a 7 ans j’en avais 23 et je papillonnais, si fière de mon armure, indestructible, inébranlable.
Il y a 7 ans j’en avais 23, nous étions une poignée de blogueurs francophones et parisiens, que l’idée même de billet sponsorisé aurait fait hurler de rire.
Il y a 7 ans j’en avais 23, des cicatrices déjà, mais franchement persuadée qu’elles étaient loin derrière moi et autant d’armes pour l’avenir.
Il y a 7 ans j’en avais 23 et sans peur, sans arrière pensée, d’une façon qui semblerait aujourd’hui d’une franche impudeur, je livrais ici (ou pas très loin) mon quotidien pas si passionnant.

Il y a 7 ans j’en avais 23.

Aujourd’hui j’en ai 30 et pourtant depuis peu j’en ai 3.
7 ans plus tard, et comme si c’était hier, probablement un peu d’insouciance en moins, probablement beaucoup de doutes en plus.

La pierre brute est à peine dégrossie.
Ce blog serait-il un outil ?

posted by flaoua in Drunk,Whatever at 3:32

Avion d'Etihad - Aeroport d'Abu Dhabi - En transit pour Bangkok

Il y a d’abord eu la première claque. Anticipée, attendue, fantasmée, même. Mais pas moins forte pour autant.
Alors que les portes automatiques de l’aéroport de Suvarnabhumi se referment derrière moi dans un chuintement, je savoure, béate, la vague d’air chaud et moite qui m’arrive en pleine tête. Dans les 35 degrés à peu de choses près. Et dans les 90% d’humidité, probablement.
Plus tard, cela deviendra trop lourd, crevant, limite incapacitant.
Mais là, dans ces premières minutes, je me repais de cette atmosphère, je la goûte, j’en savoure chaque goulée et c’est tout simplement l’extase car cela veut dire une chose : me voilà de retour à Bangkok.
Bangkok et sa circulation frénétique, ses temples nichés au milieu des buildings, ses étals de nourriture fabuleuse, ses marchés labyrinthiques, ses chauffeurs de tuk-tuk shootés au M150 et à l’adrénaline, ses centres commerciaux démesurés, ses klongs bordés de maisonnettes d’un autre âge, ses hôtels d’un luxe inimaginable en Europe pour le prix d’un Ibis en banlieue parisienne. Bangkok, vivante, pulsante, enivrante, magique.

Bangkok vue de nuit depuis le sky bar au 64ème étage de l'hôtel Lebua

Après, il y aura Ayutthaya, cité-ruine chargée d’histoire et de spiritualité, de bouddhas multi-centenaires décapités, de chedis et de prang phalliques, témoins muets d’un âge d’or révolu.
Après, encore, un train de nuit brouillé par les effluves de litres de bière Thaï et de curry incendiaire, un bus improbable dont les ventilateurs tentent de décapiter les aventureux farangs venus s’y glisser, et, enfin, après des heures de voyage, la deuxième claque.
Sur des centaines de kilomètres carrés, un lac a englouti la forêt tropicale, dont le sommet émerge tout autour, et parfois en plein milieu aussi. De la nature plein la gueule, vierge, fabuleusement foisonnante, vivante, emplie des hululements des gibbons et des sonneries des cigales locales, imitant à la perfection des milliers d’alarmes incendie se déclenchant simultanément.
Réveil sur le lac, aube embrumée, pas un seul son civilisé. Sensation de bout du monde.

Lever du jour sur le lac de Chiao Lan - Khao Sok

La jungle. Inhospitalière, c’est le moins qu’on puisse dire. Les esprits ont pourtant été apaisés, mais cela ne suffira pas. Les sangsues festoient de notre riche sang de farangs citadins. Nuit brève et agitée, rêves de créatures rampantes avides de prélever leur tribut. Accalmie le lendemain, baignades, rire, petit festin en bord de rivière au fin fond de nulle part, sous les hululements narquois des gibbons qui se planqueront jusqu’au bout.
Quelques jours sur le lac, encore, déconnexion totale, parfaitement en dehors de la réalité.
Plus tard .. Adieu à nos guides et à nos hôtes, dernière moisson d’images, de sourires et de bienveillance.
Un dernier trek, la plus grande fleur du monde, un serpent aussi rare qu’il est mortel (« Oh, on dirait un lacet de chaussure« ), un caméléon qui pose complaisamment, nos palais pourtant habitués qui s’enflamment sous la morsure d’un laab kaï divinement parfumé et déja, nous revoilà sur la route.
Plus loin, un ferry, un embarcadère, une île si peu peuplée qu’on pourrait presque la qualifier de déserte.
Paysages de carte postale.

Crépuscule à Koh Kho Khao

Resort fantôme, une armée à notre service, paysage idyllique version Truman Show, bordé de finitions approximatives. De la piscine à la plage, de la plage à la piscine, bains de ce soleil brûlant qui caramélise nos peaux, esprit vide, corps au repos. Lecture, massages, respiration.

Koh Kho Khao - Andaman Princess Resort

Mais parfois, aussi, je saute sur le lit …

Flaoua fait du bed jumping à Koh Kho Khao - Photo by Manu Sauvage

Et puis enfin, d’un coup d’avion, retour à la frénésie de Bangkok, dernière plongée dans le luxe le plus absolu, suite absolument indécente au Lebua, dîner à ciel ouvert au 63ème étage, flânerie dans la nuit du Suan Lum et dans les méandres de Chatuchak, soirée improbable au milieu d’expats à des milliers de kilomètres du mal du pays.
Se perdre une dernière fois autour de Siam Square, acheter des pacotilles au MBK Center, savourer une dernière mangue au goût de paradis, un dernier khao niaw, mettre à l’eau un Krathong chargé d’espoir et de rêves informulés …

Faire ses adieux à Bangkok.
Se jurer de revenir, encore. Et d’y rester, peut-être.

Bangkok de nuit depuis le Vertigo Sky Bar - 52ème étage du Banyan Tree

(pour l’intégralité des photos : Mon Flickr)

posted by flaoua in Elsewhere,Pixelized at 3:07

Nadine Morano, sur France Info, au sujet d’un reportage paru sur elle dans Paris Match et dans lequel une photo la montre entrain de jouer à GTA :
« Malheureusement, ce n’est pas moi qui rédige les légendes des photos. »

Quoi ? Les journalistes ont encore le droit d’écrire eux-mêmes leurs articles ? Scandaleux !! Mais que fait l’Elysée ??!!

posted by flaoua in C'est bloggable at 12:12

Manu Sauvage : J’ai acheté Red Alert 3 pour tester ma nouvelle machine.
Manu Sauvage : Ils ont foutu des bonnasses partout, c’est très perturbant.
Flaoua : Gni ?? Des bonnasses dans Red Alert ??

La preuve en image :

Les bonnasses de Red Alert

Quand je vous dis que tout fout le camp ..

posted by flaoua in C'est bloggable,Gaming at 23:48

Voici la vue depuis mon nouveau chez moi :
Paris la nuit, depuis ma fenêtre

Alors ok, je viens de m’endetter sur 25 ans et ça me fait flipper à mort, et puis ça ne sera vraiment chez moi qu’après je ne sais combien de semaines de travaux et de milliers d’euros supplémentaires et ok, pour la première fois en 30 balais je vais vivre seule et ça aussi c’est un peu flippant, mais, franchement, à chaque fois que je regarde par la fenêtre, je me dis que ça n’a vraiment pas beaucoup d’importance.

posted by flaoua in Pixelized,Whatever at 19:32

J’ai toujours été persuadée qu’avec un peu d’imagination, quelques compétences en développement et l’accès aux bons outils qui vont bien (et surtout du temps à disposition), il n’y a que très peu de limites à ce qu’on peut créer comme applications / programmes / gadgets. C’est d’ailleurs pour ça qu’après toutes ces années je ne suis toujours pas lassée de travailler dans le web, ou dans l’informatique en général (et l’App Store en est, à mon avis, une preuve éclatante).

C’est justement avec quelques compétences en développement, l’accès à la Google Map API et surtout une source massive de données, que l’équipe du NY Times a créé une application Flash absolument hallucinante : une carte interactive, en temps presque réel (les nouvelles données sont importées chaque jour), des homicides commis à New-York de 2003 à aujourd’hui.

Cette carte permet non seulement de voir la répartition géographique de ces meurtres, selon la période de temps choisie par l’utilisateur, mais fournit une représentation de données aussi variées que l’heure des crimes, l’age des victimes, le sexe des meurtriers, leur appartenance ethnique ou encore l’arme utilisée (et bien d’autres).
On apprend par exemple à la lecture de cette carte que 33 homicides ont été commis dans les 30 derniers jours, que 52% des victimes étaient noires, 94% des hommes, 60% des meurtriers avaient entre 25 et 34 ans et que 11 de ces meurtres ont été commis à Brooklyn.

C’est carrément morbide, j’avoue, mais je trouve ça absolument fascinant.

Pour voir cette carte, ça se passe ici.

PS : Mes remerciements à ma maman, qui m’a balancé l’url de cette carte par mail avec le commentaire suivant « c’est bloggable » :)

posted by flaoua in C'est bloggable,Geekness at 12:07