Whatever

Words keep Falling Apart (Book 3)

La fille vient de raccrocher le téléphone. Et elle pleure, évidemment. De façon surprenante, pourtant, pas sur la mort définitivement irréversible d’une non-histoire de même pas amour. Elle pleure parce qu’elle aussi elle voudrait que sa vie soit une comédie romantique. Et qu’elle est persuadée que ce ne sera pas le cas.
Elle pleure à gros sanglots, la fille. Elle a toujours été très douée pour ça. Madeleine version fontaine qui déborde.
Elle se dit qu’il faut qu’elle s’arrête. Qu’il est déjà tard, qu’elle a encore 2 lessives à faire tourner, une valise à préparer, un appartement à ranger, et puis la route à prendre dans quelques heures. En prévision, la fille, sa Twingo, l’Autoroute et Portishead, à fond, en boucle, encore et encore. Et des larmes, probablement. Souvent, ces derniers temps, la fille pleure au volant.
Un tas de choses à faire. Et juste pas envie. Juste la tentation de se rouler en boule et de voir si ça passe. Dans une heure, dans dix, dans cent.
Et là, sur son écran, ça clignote, ça attire son attention. C’est un Ami. A majuscule. Il va pas toujours formidablement bien ces derniers temps, alors la fille prend sur elle, repousse l’envie de se rouler en boule et répond.
La fille : « Oui ? »
L’Ami : « C’est juste pour aller boire des coups. »
C’est magique, c’est télépathique. C’est très exactement ce qu’il faut, quand il faut, avec qui il faut.
30 minutes plus tard, comprenant un enfilage de jean/tshirt/NewRocks, un coup de brosse à cheveux, quelques kilomètres en Twingo et une place de parking providentielle à 10 mètres du bar, la fille trinque avec l’Ami. Bière pour lui, cocktail sucré à base de vodka pour elle.
4 heures, plusieurs bières pour lui, plusieurs cocktails sucrés à base de vodka pour elle, un pèlerinage au Shywawa, un pot pourri de hard rock des années 90, une improbable chanson de mauvais rappeur des bacs à sables, 2 ballades à pied, et tout plein de conversations plus tard, la fille est rentrée chez elle.
Comme toujours, ces bouts de nuit, le plus souvent improvisés, avec l’Ami, l’ont apaisée. Pour quelques heures seulement, sûrement, quelques jours, au mieux.
Mais c’est déjà ça.
Et comme aucune comète ne s’est écrasée sur le Panthéon, une date est gravée dans son calendrier.
8 février 2011.
D’ici là, la comédie romantique aura débarqué. Promis, juré.
You know you will be held accountable for it, if it doesn’t happen, don’t you ?

Tout à l’heure, la route sera probablement dure. Mais ça ne sera qu’à cause de la fatigue, et non des larmes.
Et pour cela, la fille remercie l’Ami.

posted by flaoua in Drunk,Love, etc..,Whatever at 3:11
  1. Le 09-08-2010 à 10:31 mezzo Said,

    Franchement… au point où tu en es… Écoute ABBA ou Maria Carey dans la bagnole… Sur l’autoroute personne ne pourra t’entendre chanter…
    +

  2. Le 09-08-2010 à 02:40 Xavier Said,

    Je recommande plutôt du Peter Gabriel ou du Beatles :
    http://www.youtube.com/watch?v=uiCRZLr9oRw
    http://www.youtube.com/watch?v=jBDF04fQKtQ

  3. Le 11-08-2010 à 11:53 Eric Said,

    Au hasard de sa page Facebook, l’étranger clique sur le lien laissé par la fille. Comme souvent, le ton doux-amer le fait sourire. Il se dit que la fille devrait écrire un bouquin, un jour.

  4. Le 12-08-2010 à 11:51 Mel'O'Dye Said,

    ah le pouvoir du buvage de coups … ça devrait être remboursé par la sécu ça ;)
    des bizzz

  5. Le 13-08-2010 à 09:22 S Said,

    Je vote pour ABBA ! ca donne l impression que les fleurs chantent avec toi !

  6. Le 18-08-2010 à 12:08 noname! Said,

    responsable mais non coupable! :-)
    une reaction?
    l’esprit un theatre, ou se jouent comedies, tragedies, fictions… je ne nie pas les emotions, sentiments…
    mais la souffrance ds la duree, doit entrer ds ce cadre (en tout cas, j’essaie de m’en persuader, nan, j’en suis persuade… meme si vivre implique desapprendre…)
    tetrapharmakon!…
    plus Mais le fait que je prenne la plume aussitot rentree d’Ashenam montre que j’espere pouvoir considerer ce journal comme une ramification personnelle de ma personne… etc Virginia Woolf, Mai 1918, Journal
    theatre de ma « propre » narration!… ;-)

  7. Le 28-08-2010 à 11:44 NaMe Said,

    ou alors… je ne sais tjs pas ce que signifie Etre Humain… a chaque fois que j’ai l’impression de m’approcher d’une reponse, je me prends une volee en retour… pourtant ce que je ressens en cet instant… a chaque relation, amitie inclue, une promesse, qui va avec un besoin de securite… sauf qu’aucune promesse n’est tenable, eternelle… ca, c’est le cas des chanceux, pour les autres… le mensonge, qu’on fait a son insu… bref… etre libre, c’est accepter la fragilite? de toute facon, ce n’est jamais a l’autre d’apporter ses reponses… ecouter au mieux… pour s’eclairer?
    voir le beau ds le banal… :-)
    le gd bleu en « bruit » de fond, pas my lady bleu… living the world behind!… parfois j’ai peur de comprendre… :-) puis ca passe…

  8. Le 15-09-2010 à 11:58 hors sujet! :-) Said,

    http://www.telerama.fr/cinema/une-cineaste-au-fond-des-yeux-58-catherine-breillat,60260.php
    pour 2,3 petites choses!

  9. Le 29-09-2010 à 04:38 si je le connaissais! tu sais, les denominations indiennes! :-) Said,

    ca va?
    je fais encore du n’importe quoi? comme d’hab… en meme temps, y’a un moment que j’ai decide d’agir au plus proche de moi… pb: sans veritablement savoir, ou alors, en ce moment, je lis la carte et le territoire! :-) sans doute apres, meme le silence a une fin! elle ,qui me fit penser, les gens ne changent pas, le contexte, oui! y’a qqs jours ds ce qui sonnait comme un repproche, « y’a un moment qu’il n’est plus avec nous », ce qui declencha comme reponse, Etre Avec, si qq1 a une solution a ca, je la veux bien… n’importe quoi, comme d’hab! :-) bye!… ou alors courage, ou alors profite, ou alors???? :-)

  10. Le 19-10-2010 à 11:55 virginia, 16 mai 1919 Said,

    a mes yeux, elle a tout le pathetique d’une creature flottant au hasard ds qq vaste espace, sans soutien, ni sans claire conscience de sa destination
    ds le texte original, c’est en reference a un individu particulier, ds mon esprit, c’est une assez bonne synthese, de la condition humaine! :-)

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